Légion d’Honneur Civile Hongroise, 2015

C’est en 2011 que le Cercle Ars Humanica Hungarica a fondé la Légion d’Honneur Civile Hongroise, distinction qui récompense la notion de valeur humaine dans la société hongroise.

Bien que le Cercle ait été créé en 2011, l’esprit de cette distinction existait déjà en 2000 sous le nom de Prix de la Sympathie Nationale. Depuis, des flots ont coulé sur le Danube, les alluvions ont élimé cette balise nationale et le nom même de ce prix n’a pu perdurer, car de fait une distinction ne peut être reçue sans l’attribution d’une récompense financière.

Or le contenu de ce que qui avait à l’époque été défini perdure et figure à la rubrique « Nos principes directeurs » de notre site Internet.

La structure du Cercle est construite à partir du capital intellectuel et moral qu’apporte la personne de chacun de ses membres représentant ainsi la valeur des distinctions qu’ils décident d’attribuer, ainsi que le rang qu’ils occupent au sein de la société.

Les membres du Cercle sont convaincus que la communauté humaine civile constitue le tissu essentiel de la société, dont l’organisation civile est capable dans une situation donnée de se manifester en temps et en lieu utile, se faire entendre et montrer sa force.

Nous estimons que les représentants de la société civile agissent sans exception dans le non-respect de la Loi en l’interprétant et en la taillant sur mesure. Là où le Droit ne règne pas, mais s’asservit, voire s’inféode et à la table duquel nul n’occupe la même place. Là où la Morale se tait effrayée et où l’on cache l’Immoralité derrière le dos de la Légitimité, là où la Perfidie peut violenter la Justice. Là où la brebis de l’Intégrité devient aussi la proie des hyènes de la Cupidité et où les érudits deviennent également des Traîtres.

Ils doivent dénoncer le sombre voile du fanatisme qui recouvre l’éclat de la Raison, l’Esprit qui ne brille pas aux fenêtres de chaque maison, l’idolâtrie et la peur maline qui gouvernent, ainsi que le non-respect des vertus ancestrales.

Le Cercle Ars Humanica Hungarica estime également que lui incombe la tâche de libérer l’avenir de l’emprise du passé.

C’est dans cet esprit qu’a débuté dimanche 8 février cette quatrième cérémonie dans les salons du Palais Károly prêtés pour l’occasion par le Musée Littéraire Petőfi où cette fois encore deux distinctions ont été remises.

A l’instar des précédentes occasions, l’écrivain Gábor Görgey, lauréat du Prix Kossuth, a prononcé le discours d’ouverture en estimant essentiel de souligner que l’action reconnue des personnes honorées ne devait pas faire figure de curiosité, mais être considérée comme des actes naturels au sein de la société hongroise actuelle.

Le poète Zoltán Sumonyi a ensuite dressé un précieux portrait historique de la famille Batthyány, dont l’un de ses membres le Premier Ministre et martyre Lajos Batthyány représente le lien entre le patriotisme hongrois de l’époque des réformes et l’esprit actuel du Cercle. De manière singulière le lieu et la date étaient également liés à cette soirée de cérémonie, car c’est dans ce palais même que Lajos Batthyány a été arrêté puis emmené de force par les sbires de Windisgraetz le 8 janvier 1849.

Dans son discours, l’historien littéraire Béla Pomogáts a manifesté sa joie de voir que cette distinction relevait enfin de ce que pouvait pleinement attendre une société civile dite indépendante, c’est-à-dire indépendante de toute influence de pouvoir.

Puis nous avons évoqué le souvenir de notre vieux et sage conseiller récemment décédé, le Grand rabbin retraité József Schweitzer.

L’une des deux distinctions a été décernée à Matild Latrompette en reconnaissance de son activité humaniste et altruiste dans l’exploitation et la mise en valeur des capacités physiques et intellectuelles du corps et de l’esprit des enfants.

L’éloge de sa personne et de son action a été prononcée par le psychologue Tamás Verkedy, qui a relevé que l’élément primordial en pédagogie demeure celui d’un enseignement que les enfants aiment, leur offrant joie et plaisir, car de fait les enfants fuient l’ennui.

La seconde distinction a été attribuée à László Bogdán. Maire de la communauté de Cserdi, il a reçu cette distinction en reconnaissance de l’action humaniste et exemplaire qu’il a menée avec succès en brisant l’entrave de la détresse morale face au désespoir et à l’asservissement humain.

Pour faire l’éloge de ses bons et loyaux services, le journaliste András Bíró a pris l’initiative d’une discussion sous forme de table ronde durant laquelle l’action de László Bogdán a été présentée dans les détails, ce dernier ayant déclaré : « Ce prix est celui de toute la communauté tzigane hongroise ».

Au cours de la cérémonie, Kálmán Balogh, joueur de cymbalum et lauréat du prix Zoltán Kodály a, pour débuter, interprété des morceaux choisis du répertoire de la culture musicale hongroise, puis le pianiste Jenő Jandó a poursuivi la soirée avec un jeu consonant au piano. Pour finir Ildikó Iván, soliste au Grand Opéra a chanté l’aria de la Grande Halle, extrait de l’opéra Tannhauser de Wagner, accompagnée au piano par Jenő Jandó.

Ont pris part à la cérémonie et à la réception qui s’en est suivie quelque 150 membres de la société civile hongroise, ainsi que certains fondateurs de l’institution-sœur récemment créée : l’Union Citoyenne de la Légion d’Honneur Civile Slovaque.